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NON à la fermeture de la brigade  des douanes d'Agen

Aéroport : des nuages dans le ciel des «vols d'affaires» ?

16 Janvier 2016, 17:44pm

Publié par NON à la fermeture de la brigade des douanes d'Agen

La dépêche le 16/01/2016

La brigade des douanes d'Agen, qui contrôle les vols d'affaires «extra-Schengen», pourrait être mise sur la touche. Et avec elle une part non négligeable des recettes du Syndicat mixte de l'aérodrome (SMAD).

Chaque semaine, chaque mois, la piste de l'aérodrome de la Garenne voit atterrir des appareils privés, regroupés sous un même vocable, «vols d'affaires». Ces avions sont en provenance des États-Unis parfois, d'Angleterre, de Suisse et plus globalement des pays situés en dehors de l'espace européen Schengen. Pour les accueillir, il faut une autorisation que ne possède par exemple plus l'aérodrome d'Auch (Gers). On appelle ça un «point de passage autorisé» (PPA) qui attribue à Agen un statut d'aéroport international.

C'est une part non négligeable des recettes du syndicat mixte SMAD, chaque vol est assujetti à une redevance quand les roues touchent le tarmac, compte non tenu des frais qu'engendrent atterrissages et décollages (carburant, etc.). A contrario, des aéroports (Blagnac par exemple), la police de l'air et des frontières est remplacée par les douaniers, chargés du contrôle. Selon la brigade des douanes d'Agen, lors d'une récente réunion d'un comité technique national à Paris, une liste noire d'une dizaine d'aérodromes est apparue, elle pourrait être synonyme de désengagement pur et simple de ce service à la Garenne, dans la continuité de la disparition de cette même brigade (lire nos précédentes éditions).

Impact financier

Olivier Geron, responsable syndical au sein des Douanes pour Solidaires, n'est pas affirmatif à 100 %. «Mais nous sommes dans le doute car on présume que cette mesure ne concerne pas les aéroports majeurs, mais les secondaires. Ces avions privés peuvent atterrir aujourd'hui quand ils sont extra-Schengen. Avec la mise en place de l'état d'urgence en plus, les appareils ne seraient plus en mesure de se poser à Agen. D'après ce que l'on peut savoir, la question n'est pas de mesurer l'impact négatif sur le trafic, mais bien l'impact financier.» Ce syndicaliste estime à une demi-douzaine par semaine le nombre de ces vols soumis à la règle commune du contrôle car ne provenant pas de l'espace Schengen.

«Rien de palpable»

Michel Bertaud est directeur du SMAD, en charge de l'activité aérienne au-dessus et dans l'aérodrome départemental. «Rien de palpable aujourd'hui, les Douanes sont sans doute mieux informées que vous et moi.» Il évoque en mémoire une inquiétude du même type «mais elle remonte à trois ans. C'était à l'époque des bruits de couloir (…) C'est à l'État de se positionner sur ce point et sur ce dossier (…) Bien évidemment, plus un aéroport possède de trafics et de possibilités, mieux c'est pour lui.» Olivier Giron confirme la menace qui planait en 2012. «À l'échelon local, le lobbying avait été efficace à l'époque.»

Un audit chasse l'autre

Longue de 2 165 mètres, la piste de l'aéroport d'Agen n'est pas totalement utilisable. Merci aux pilotes d'oublier les 400 premiers mètres (côté péage autoroutier) ou 165 mètres si l'on se pose dans l'autre sens. Or cet élément n'est pas si anodin. La piste répond à un cahier des charges drastiques et la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a ainsi ausculté de près les équipements (un audit), avant de délivrer en fin d'année 2015 une certification nationale, une sorte de label valable jusqu'à la fin 2017. Elle sera ensuite remplacée par une certification européenne. En clair, il faudra pour La Garenne repasser sous les fourches caudines des auditeurs…

S.Bo.

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